Résumé de la thèse de Xavier Gilhard
Titre : Recherche et CPTS un état des lieux.
Introduction : Les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS), créées par la loi de modernisation du système de santé de 2016, visent à structurer les soins primaires
en France. Bien que leur déploiement soit rapide (567 CPTS en 2024 avec ACI signé, couvrant 67 % de la population), leur rôle dans la recherche en soins primaires reste peu exploré. Cette thèse
propose un état des lieux de la recherche au sein des CPTS, en identifiant les leviers et freins à son développement.
Méthode : Une étude observationnelle descriptive transversale a été menée via un auto-questionnaire en ligne diffusé entre juillet et octobre 2024 auprès de toutes les CPTS de
métropole et d’outre-mer. Le questionnaire, validé par des experts, comportait 35 questions sur les caractéristiques des CPTS (taille,
ancienneté, liens académiques), leur implication dans la recherche (projets, thèses, accompagnement),
et les freins/leviers perçus.
Résultats : Sur 153 CPTS répondantes (26 % des CPTS avec ACI signé en 2024), 21 % déclarent avoir participé à un projet de recherche, et 35 % avoir suscité des thèses ou
mémoires. Les projets portent principalement sur des missions socles (accès aux soins, prévention, parcours patients). Les liens avec le monde académique (DMG, universités, laboratoires/unités de
recherche, CHU) sont associés à une activité de recherche accrue (p < 0,001). Les freins majeurs sont le manque de moyens (temps, financement, personnel dédié) constituant 61 % des réponses et
l’absence de culture recherche avec 16 % des réponses. Les CPTS proposent de renforcer les partenariats académiques (39 %) et de désigner des référents recherche internes (31 %).
Discussion : Ces résultats confirment l’intérêt des CPTS pour la recherche, malgré des contraintes structurelles. Ils rejoignent la littérature internationale sur les
Practice-Based Research Networks (PBRN), où la collaboration avec les universités est un élément clé.
Conclusion : Les CPTS émergent comme des acteurs potentiels de la recherche en soins primaires, mais leur implication nécessite des moyens dédiés, une intégration dans leurs
missions, et un soutien académique.
La création prochaine d’une fédération nationale de recherche et d’innovation en soins primaires
annoncée par la DGOS en 2025 pourrait contribuer à structurer cet écosystème.
Résumé de la thèse de Thibault Charpentier
Titre : L'implication des CPTS dans la recherche en soins primaires, freins et leviers : une approche qualitative
Contexte : La recherche en soins primaires est essentielle pour adapter les pratiques aux besoins réels de la population. Les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé
(CPTS) offrent un maillage territorial idéal pour collecter des données, produire des innovations organisationnelles au plus près du terrain et évaluer leur impact. Toutefois, la recherche ne figure
pas parmi leurs missions socles imposées par l’Accord Conventionnel Interprofessionnel (ACI). Son intégration dans un quotidien professionnel déjà chargé interroge quant aux conditions de sa
faisabilité.
Objectifs : Explorer l’expérience vécue par les acteurs des CPTS et faire émerger les leviers et freins qu’ils rencontrent lors de leur implication dans des projets de recherche
en soins primaires.
Méthode : Une étude qualitative a été menée par entretiens semi-directifs. Un échantillonnage raisonné a permis d’inclure 11 CPTS identifiées à partir des résultats d’une enquête quantitative
nationale préalable. Ces CPTS ont été sélectionnées par la diversité de leurs caractéristiques et par leur investissement déclaré dans des activités de recherche. Quatorze entretiens ont été réalisés
avec des acteurs clés, impliqués dans des projets de recherche au sein de ces structures. Les données ont été traitées selon la méthode d’analyse inductive générale. Le travail a été réalisé en
respectant la rigueur exigée par la grille COREQ.
La participation des CPTS à la recherche en soins primaires repose sur le militantisme et le leadership de certains professionnels, permettant de pallier un déficit fréquent de culture
scientifique sur le terrain. Ces démarches répondent avant tout à un besoin d’ancrage territorial visant à produire des données locales utiles, bien souvent par l’évaluation pragmatique des actions
de la CPTS. Bien que les équipes fassent preuve d’agilité, elles se heurtent à l’absence de ressources humaines dédiées et à un modèle économique précaire compromettant la pérennisation des projets.
Le décloisonnement interprofessionnel et les partenariats avec des unités de recherche ou des Départements de Médecine Générale apparaissent comme des leviers pour surmonter ces obstacles. Toutefois,
les CPTS sont souvent reléguées à un rôle de collecteur de données pour des tiers. Enfin, la lourdeur administrative et le décalage avec les objectifs des tutelles complexifient l’obtention et la
gestion des financements.
Conclusion : Les CPTS démontrent qu’une démarche de recherche ancrée dans la réalité du terrain est réalisable et pertinente. Néanmoins, il n’est pas réaliste de faire porter le
développement de la recherche en soins primaires à ces jeunes structures sans leur attribuer les moyens adéquats. La création d’un écosystème de soutien est indispensable pour accompagner les
initiatives de ces structures volontaires.